Conférences

Le Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups – parc et maison de Chateaubriand organise des conférences sur Chateaubriand et plus largement le XIXe siècle.

Historiens, écrivains, universitaires, spécialistes de l'auteur des Mémoires d'outre-tombe et de son époque, évoquent l’histoire extrêmement riche de cette période qui connut de nombreux bouleversements politiques et porte en elle l’héritage de notre société moderne.

Ces conférences sont gratuites.

Renseignements et inscriptions : 01 55 52 13 00 - reservations-chateaubriand@hauts-de-seine.fr

 

 

► DATES DE LA SAISON 2016-2017

 

Prochaines dates : mai 2017 (dans le cadre de la Biennale consacrée à Goethe)


 

Jeudi 29 septembre 2016 à 19h

Mandaroux-Vertamy, conseiller et ami des derniers temps

Chateaubriand a choisi Jean-Baptiste Julien Mandaroux-Vertamy (1793-1858) pour être l’un de ses exécuteurs testamentaires et l’a honoré par le legs de la Sainte famille de Mignard que la duchesse de Duras lui avait laissé. Il scellait ainsi une amitié des dernières années de sa vie.

Entré en relation sans doute à l’été 1832, Mandaroux-Vertamy, libéré de toute obligation professionnelle en juin 1846, accompagne et assiste assidûment le vieil homme après la mort de son épouse. Il conduira sa dépouille à sa dernière demeure…

Reconstitution à partir de témoignages directs, correspondance, articles de presse, souvenirs, des séances de lecture mémorables du Grand Enchanteur.

Par Hervé Robert, magistrat, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris, ancien chargé de conférences à l’École pratique des hautes études, auteur de L’Orléanisme et de La Monarchie de juillet aux Presses Universitaires de France, collection « Que sais-je ».
 

Anonyme, Le cortège funèbre de Chateaubriand sur le rocher du Grand-Bé, huile sur toile © CD92/Willy Labre

 

 

Dimanche 16 octobre 2016 à 16h

À haute voix. Chateaubriand lecteur de ses œuvres

« Les lectures sont excellentes comme instruction, lorsqu’on ne prend pas pour argent comptant les flagorneries obligées. Pourvu qu’un auteur soit de bonne foi, il sentira vite, par l’impression instinctive des autres, les endroits faibles de son travail, et surtout si ce travail est trop long ou trop court, s’il garde, ne remplit pas, ou dépasse la juste mesure. » De la part d’un écrivain dont le style semble si assuré, l’aveu étonne. Et pourtant les faits sont là : Chateaubriand, dès le début de sa carrière, a lu ses « premières ébauches » en petit comité. En 1829, il a sondé Moïse devant un auditoire choisi chez Madame Récamier, quelques années plus tard, toujours à l’Abbaye-aux-Bois, il a lu les plus belles de ses Mémoires d’outre-tombe.

Reconstitution à partir de témoignages directs, correspondance, articles de presse, souvenirs, des séances de lecture mémorables du Grand Enchanteur.

Par Vincent Laisney, maître de conférences à l’université de Paris Ouest Nanterre La Défense, spécialiste du romantisme français et des sociabilités littéraires. Il est l’auteur de L’Arsenal romantique (Champion, 2002), de L’Âge des cénacles (Fayard, 2013) et de Sept Génies (Les Impressions nouvelles, 2014), il a codirigé avec Jean-Louis Cabanès l’ouvrage collectif intitulé L’Année 1855, La littérature à l’âge de l’Exposition universelle (Classiques Garnier, 2016).
 

D’après Marillier, Gloire de Moïse, illustration pour l’édition Ladvocat des Œuvres complètes de Chateaubriand (t. XXIIbis) - coll. Société Chateaubriand © CD92/DDVAL-MDC

 

 

Mardi 18 octobre 2016 à 19h - Conférence annulée, remplacée par "Le Romantisme et la peinture", le 29 octobre à 16h

Joubert et Chateaubriand

Joseph Joubert, ami intime de Chateaubriand et de Pauline de Beaumont, avec lesquels il entretient une riche correspondance, est aussi l’auteur de Carnets, qu’il écrit jusqu’à sa mort. Joubert y évoque son admiration pour l’œuvre de Chateaubriand, qu’il compare aux « grandes orgues » par opposition à son propre style, ressemblant aux sons discontinus de la harpe éolienne. Réciproquement, Chateaubriand fait le portrait, dans ses Mémoires d’outre-tombe, de ce personnage énigmatique et attachant qui « se croyait souvent obligé de fermer les yeux et de ne point parler des heures entières » et à qui il fit cet aveu : « Réellement Joubert, je vous aime comme un amant ».

Par Sabrina Giai-Duganera, professeure agrégée de lettres, auteure d’une thèse sur Joseph Joubert.
 

D’après Jules Massard, portrait de Joseph Joubert - coll. Société Chateaubriand © CD92/DDVAL-MDC

 

Samedi 29 octobre à 16h

Le Romantisme et la peinture

D’abord littéraire et musical, le romantisme naît dans une société européenne en plein bouleversement après la Révolution et les guerres impériales. Dans cette société qui se reconstruit et se cherche, la frivolité et la grâce du XVIIIe siècle ont laissé place au doute et à la mélancolie. En peinture comme en littérature, les artistes romantiques cherchent à transcrire leurs sentiments intérieurs : le rêve, la folie, la peur, l’angoisse face à la nature, la révolte, souvent devenus l’objectif principal de l’œuvre, l’aspect esthétique pouvant devenir secondaire. Pour le peintre romantique, seuls comptent son imagination et son besoin d’expression, quitte à déplaire et à être rejeté.

Cette conférence se propose, à travers des exemples tirés de l’œuvre d’artistes britanniques (John Füssli, John Martin), allemands (Caspar David Friedrich), espagnols (Francisco Goya) et français (Anne-Louis Girodet, Théodore Géricault, Eugène Delacroix), de montrer comment, chacun à leur manière, ils ont traduit ces sentiments alors nouveaux en art.

Par Alain Canat, conférencier au Domaine départemental de Vallée-aux-Loups – parc et maison de Chateaubriand

 

 

Samedi 5 novembre 2016 à 16h

La guerre de Sept Ans (1756-1763) et la naissance du citoyen

La guerre de Sept Ans (1756-1763) est vue par Winston Churchill comme la première guerre mondiale de l’histoire. Nées de la rivalité franco-britannique en Amérique, les hostilités qui s’étendent à l’Europe et au monde tournent au désastre pour la France, qui assiste au triomphe planétaire de la Grande-Bretagne. Tandis qu’un nouvel ordre mondial se met en place, l’ordre politique vacille sur ses bases. Sous l’effet d’une guerre accélératrice des changements, le monde fait ses premiers pas dans l’ère des révolutions.

Par Edmond Dziembowski, professeur d’histoire moderne à l’université de Franche-Comté, auteur de La guerre de Sept Ans 1756-1763 (Perrin, 2015), ouvrage récompensé par le Prix Guizot 2015 de l’Académie française et le Prix Chateaubriand 2015.
 

J. E. Ridinger, portrait de Marie-Thérèse d’Autriche, eau-forte - coll. Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups – Maison de Chateaubriand © CD92/DDVAL-MDC

 

 

Mardi 6 décembre 2016 à 19h

Lectures et genèse du William Shakespeare de Hugo

William Shakespeare reste un livre mal aimé. Vertement accueilli à sa publication lors du tricentenaire de 1864  où il est jugé extravagant, il n’est pas réédité. La gloire de Hugo ne pouvait s’accommoder de ce rejet ; les exécuteurs testamentaires tentèrent de sauver William Shakespeare en lui adjoignant des inédits, le tout formant une sorte de somme philosophique testamentaire. On substituait à un livre un catalogue d’idées. L’examen du manuscrit de William Shakespeare peut lui rendre son unité, sa portée, son ambition.

Par Guy Rosa, professeur honoraire, qui a animé le « Groupe Hugo » de l’Université Paris7, codirigé la dernière édition en date des Œuvres complètes de Hugo, édité plusieurs œuvres, en  librairie ou sur le web, en particulier Les Misérables.


Devritz, Victor Hugo, lithographie - coll. Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups – Maison de Chateaubriand © CD92/DDVAL-MDC

 

 

Mardi 28 février 2017 à 19h

Les Bédée ou l’héritage maternel de Chateaubriand

« Adieu, mon oncle chéri ! Adieu famille maternelle… » (Mémoires d’outre-tombe, chapitre 6, livre onzième). C’est en ces termes pathétiques que Chateaubriand, très lié à sa famille maternelle, apprend le décès du comte de Bédée.

Les Bédée ont accompagné l’écrivain malouin dans les événements du XVIIIe siècle breton puis lors de son exil à Jersey et à Londres. François-René de Chateaubriand a été fortement influencé par les idées politiques et les talents littéraires de cette antique lignée. L’héritage Bédée est primordial pour appréhender les contours du sentiment religieux, patriotique et littéraire de l’hôte de la Vallée-aux-Loups.

Par Marie-Emmanuelle de la Broïse, docteur ès-Lettres de l’université Paris IV-Sorbonne, auteur d’une thèse sur l’épiscopat malouin au Siècle des lumières ainsi que d’articles sur les Bédée et sur le jansénisme dans la revue Histoire, économie et société.

  

 

Souvenirs

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